Quels enjeux éthiques pour la télédétection dans les forêts tropicales ?
Les technologies de télédétection, comme le Lidar, ont révolutionné l’étude des forêts tropicales dans de nombreuses disciplines, allant de l’écologie forestière à l’archéologie. Elles permettent aux scientifiques de voir à travers la canopée dense de la forêt et d’obtenir des images haute résolution du paysage situé en dessous. Seulement, elles soulèvent aussi des questions éthiques sur les territoires qui sont cartographiés. Des scientifiques de l’Université de Toulouse et de l’IRD se les posent dans un article paru en septembre dans Nature Ecology and Evolution.
Pendant longtemps, le sous-bois des forêts tropicales est resté hors de portée des instruments : sous une canopée dense, l’observation à distance s’arrêtait aux cimes des arbres, et seules des missions de terrain permettaient d’en savoir plus. Le Lidar (light detection and ranging) a changé la donne. Embarqué sur un avion ou un satellite, il émet des impulsions laser dont une partie traverse les trouées du feuillage jusqu’au sol, ce qui permet de reconstituer en trois dimensions la structure de la forêt, jusqu’aux troncs individuels. Le radar en bande P, dont les ondes longues pénètrent le feuillage, offre quant à lui une autre manière de sonder la végétation depuis les airs.
Ces technologies permettent de suivre l’évolution des forêts à une résolution spatiale et temporelle toujours plus fine. En archéologie, le Lidar révèle aussi des paysages aménagés par des sociétés du passé et ouvre des perspectives nouvelles pour la détection de nouveaux vestiges en terrain difficile d’accès, comme en Amazonie. Mais cette capacité d’observation croissante, souvent mesurée à l’aune des découvertes qu’elle promet, pose aussi des questions éthiques sur les territoires cartographiés.
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Contact GET: Sylvain Kuppel


