Dérive des continents et CO2 atmosphérique

Dans un article de synthèse publié dans Earth-Science Reviews, les chercheurs du GET mettent en évidence le rôle clé joué par la dérive des continents sur l’évolution du cycle biogéochimique du carbone au cours des 540 derniers millions d’années. Plusieurs grands épisodes climatiques de l’histoire de notre planète s’expliquent par le déplacement des masses continentales, leur agrégation ou leur dispersion. Par exemple, le climat très chaud du début du Trias est à mettre en relation avec l’existence de la Pangée. Sur ce super continent, une aridité intense se développe (ruissellement continental réduit de 40%), limitant la consommation de CO2 atmosphérique par dissolution des roches silicatées exposées. Il en résulte un accroissement de la teneur en CO2 dans l’atmosphère jusqu’à des valeurs pouvant atteindre 20 fois la valeur pré-industrielle. A l’inverse, depuis le début du Jurassique, la dispersion marquée des masses continentales favorise des conditions généralement humides et une consommation de CO2 par altération des roches efficace. Ce processus force le CO2 atmosphérique à rester sous 800 ppmv.

D’autres résultats portent sur le rôle des petites masses continentales qui, lorsqu’elles traversent la zone de convergence intertropicale, peuvent provoquer des « hotspots » de consommation de CO2 atmosphérique. Enfin, la sensibilité du climat à la pression partielle de CO2 est apparue dépendante de la configuration des continents, à la fois de leur taille et de leur distribution en latitude. Cette sensibilité varie entre 2.5 et 4°C pour un doublement de CO2, au cours du Phanérozoïque.

Référence :

Y. Goddéris, Y. Donnadieu, G. Le Hir, V. Lefebvre, E. Nardin, 2014. The role of palaeogeography in the Phanerozoic history of atmospheric CO2 and climate. Earth-Science Reviews, 128, 122-138.

Contacts : Yves Goddéris et Elise Nardin

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