Reconstruction des taux de dénudation continentaux passés et du climat à partir des archives sédimentaires marines

Notre objectif est d’extraire des archives sédimentaires océaniques les informations clefs permettant de contraindre les variations des taux d’érosion chimique et mécanique des continents aux échelles de temps géologiques. Le principal verrou est l’absence de produits issus de l’altération continentale dans l’enregistrement sédimentaire donnant une image partielle des exports des surfaces continentales vers les océans. La communauté scientifique en modélisation numérique du climat et de l’altération ne peut ainsi pas inclure un paramètre fondamental, i.e. la fraction dissoute, dans l’évaluation des cycles biogéochimiques globaux passés.

a. Deep-sea oxygen isotope records using compiled data from >40 DSDP-ODP sites (Zachos et al.12) with the Oligocene paleogeographic world-map on which the considered Legs are reported. b. Evolution of Mg/Ca, Ce/Ce* and 87Sr/86Sr ratios of foraminifer (This study; Legs 113 and 320) during the EOT. c. Evolution of the 87Sr/86Sr ratios measured on clays, bulk carbonate and foraminifer (This study; Leg 159) during the EOT. Clay association is also reported. unpublished data by the REPLIES team

En appliquant ces observations aux dépôts océaniques, nous pourrons tracer les exports continentaux sous forme dissoute, via les organismes carbonatés du domaine néritique. Combinés aux taux d’érosion mécanique obtenus par l’analyse des argiles exportés, il sera possible de quantifier l’altération chimique et ainsi d’estimer un taux de dénudation intégré. Le chantier choisi pour cette analyse exploratoire est la marge africaine de l’Atlantique Equatorial à la transition Eocène – Oligocène durant laquelle nous avons quantifié en détail les exports détritiques du craton ouest africain (« source to sink » par stratigraphie sismique et géomorphologie) constituant ainsi contexte unique pour une étude minéralogique et géochimique poussée. La TGIR – IODP nous donne accès aux archives sédimentaires forées au large de la Côte d’Ivoire. Nous utiliserons, sur ces échantillons, les traceurs géochimiques et isotopiques classiques (ex. REEs, Sr, Nd) et en développerons des nouveaux (ex., Li et Cr). Ces compositions en éléments et isotopes caractéristiques des processus d’altération continentale, seront combinés à la géométrie bassins de drainage (groupe Reliefs & Flux) et aux exports des sédiments continentaux préservés sur la marge passive (groupe Tectonique & Relief), pour contraindre les exports chimiques et détritiques du continent et les taux de dénudations associés. Ces résultats serviront ensuite à contraindre des modèles numériques des processus de surface continentales et/ou climatiques afin d’aborder notre question centrale « Comment le climat impacte-t-il, aux échelles de temps géologiques, les dynamiques d’érosion et d’altération des reliefs continentaux et les flux particulaires/dissous exportés qui modifient la composition de l’océan global ? ».

Rechercher